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AVAP

L’AVAP (Aire de mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine) et le Développement Durable

 

L’AVAP est une servitude d’utilité publique qui est annexée au Plan Local d’Urbanisme (PLU) et qui remplace la ZPPAUP. Issue de la Loi « Grenelle 2 » promulguée en Juillet 2010, cette servitude envisage la mise en valeur des patrimoines dans le respect des objectifs de développement durable. La commune de Bagnoles-de-l’Orne-Normandie, dans son projet global d’aménagement des territoires, s’est engagée dans la mise en œuvre d’une Aire de mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine (AVAP).

 

Les principaux objectifs du développement durable visent en priorité la préservation des ressources présentes sur Terre, à l’heure d’une prise de conscience collective de leur caractère épuisable. L’exploitation de ces ressources s’est globalement accélérée depuis le milieu du 20e siècle, d’une part en raison de l’augmentation de la population, et, d’autre part en raison de la mise en place de techniques et de moyens destinés à améliorer le confort de chacun (habitat individuel, déplacements rapides et sûrs, exploitations intensives des sols et des sous-sols), ce qui a conduit à :

-          Un étalement urbain grignotant les terres agricoles vivrières et les espaces naturels,

-          Des émissions excessives de gaz à effet de serre pour le chauffage ou le rafraîchissement de locaux mal isolés,

-          Une fragilisation de la biodiversité et des milieux de notre environnement proche.

Or, dès que les bâtisseurs ont pu maîtriser les techniques courantes de la construction, ils ont utilisé les matériaux locaux les mieux adaptés et ils ont implanté judicieusement leurs édifices pour se protéger des conditions climatiques défavorables, en économisant matières et énergies. En accolant les bâtiments sur 2 côtés en mitoyenneté, en ouvrant les baies principales au Sud ou au Sud/Ouest et en proportionnant correctement les ouvertures (dimensions, surfaces et nombre), en bâtissant des murs épais protégés par des enduits « respirant » à la chaux naturelle, en privilégiant les ossatures en bois qui limitent les ponts thermiques (planchers et charpentes), et, en utilisant des matériaux « réparables » comme le bois pour les menuiseries et les volets extérieurs, les hommes du passé ont patiemment acquis une expertise s’approchant de l’équilibre des contraintes telles que productions // consommations – protections // déperditions.

 

Ces atouts du patrimoine architectural et urbain peuvent et doivent être perpétués, lors des travaux de rénovation de ce patrimoine, car ils participent toujours à la préservation de notre environnement : limiter l’étalement urbain en favorisant une densité intelligente, favoriser l’utilisation de matériaux locaux pour réduire les coûts de l’énergie grise (induite par les transports), favoriser l’exploitation raisonnée des boisements épurateurs des gaz carboniques (utilisation du bois dans les constructions) pour produire et consommer « durable » (qualité et longévité des matériaux). Les immeubles du Patrimoine, pour ceux construits avant 1945 et après une « réhabilitation thermique » intelligente, s’inscriront facilement dans la logique de la loi « Grenelle 2 ». Ainsi, le projet de valorisation des Patrimoines, inséré dans une démarche de préservation de l’environnement, porté par l’AVAP, permettra d’atteindre l’un des objectifs essentiels du développement durable : transmettre sereinement à nos descendants les legs patiemment obtenus par nos ancêtres dans un esprit d’économie des ressources. Il s’agira de mettre en œuvre les conditions pratiques de la capacité des espaces anciens à soutenir une habitabilité contemporaine, avec ses attentes et ses enjeux propres, dans un dialogue entre patrimoine et développement durable, entre formes et usages.

 

Les études engagées pour l’élaboration de l’AVAP suivent une procédure définie par la loi, qui prévoit son  pilotage par une commission locale composée de : 8 élu(e)s, 2 personnes qualifiées au titre du patrimoine, 2 personnes qualifiées au titre des intérêts économiques, des représentants des services de l’état (préfet, DRAC, DRÉAL), et à laquelle est associée Madame l’Architecte des Bâtiments de France ; et sa conception par une équipe de bureaux d’études aux compétences plurielles (architecte du patrimoine, architectes, paysagistes, environnementaliste, urbaniste, historien et juriste). Cette commission, sur proposition des chargés d’étude, établira le projet de l’Aire de mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine grâce à la réalisation du diagnostic (Architectural, Patrimonial et Environnemental), la formulation des enjeux et des orientations, et l’établissement du règlement (accompagné des documents graphiques opposables). Des réunions d’information seront organisées au fur et à mesure de l’avancement de la procédure, qui présenteront le projet et qui seront suivies d’une Enquête Publique pendant laquelle toute personne pourra émettre ses commentaires sur ce projet. Enfin, après analyse du Rapport du Commissaire Enquêteur, le projet de l’AVAP sera entériné en Conseil Municipal pour remplacer la ZPPAUP existante (Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager).

 

La participation des habitants à l’économie de leur patrimoine, en déterminant la mise au présent optimale des espaces de vie, de production et de services dans une harmonie au quotidien, reconnue par tous, a pour principal enjeu le maintien de l’intégrité de ces espaces patrimoniaux, supports d’une dynamique économique et soutiens d’une attractivité identitaire.

 

Gilles MAUREL, Architecte du Patrimoine, Chargé de l’étude -Mandataire- de l’AVAP de Bagnoles-de-l’Orne-Normandie.